D'après l'article publié par Algérie 360, implanté dans la zone industrielle de Bazoul, à Taher, le site affiche une capacité de 5 000 tonnes par jour. Le schéma opérationnel prévoit environ 20 % d’huiles brutes et 80 % de tourteaux destinés à l’alimentation animale. En régime de croisière, ce volume équivaut à 2,16 millions de tonnes par an. Ces chiffres traduisent une ambition claire : couvrir 40 % des besoins nationaux en huiles végétales et 60 % de la demande en aliments pour bétail. À terme, l’Algérie réduira sensiblement ses importations, un poste de dépense lourdement exposé aux fluctuations internationales.
Le complexe intègre plusieurs maillons clés : trituration des graines, extraction par solvant des huiles brutes, stockage de matières premières et produits finis, et équipements de conditionnement. La plateforme de réception est dimensionnée pour accueillir jusqu’à 225 000 tonnes de soja, garantissant une continuité de production.
La technologie utilisée suit les standards internationaux, avec une attention particulière portée aux aspects sécurité, environnement et énergie : récupération de solvants, traitement des effluents et maîtrise des émissions.
Le choix du site s’explique aussi par la proximité du port de Djen-Djen, dont les flux dépassent les 8 millions de tonnes annuelles. Spécialisé dans les vracs agricoles (blé, maïs, soja), ce port offre une interface directe entre l’approvisionnement international et l’outil industriel.
Cette connexion ouvre des opportunités aux opérateurs logistiques : manutention vrac, entreposage spécialisé, contrôles qualité et services techniques autour du stockage liquide et solide.
Le projet s’inscrit dans une stratégie plus large de relance des cultures oléagineuses. L’Algérie vise d’ici 2028 la mise en culture de 300 000 hectares d’oléagineux (tournesol, colza, soja, arachide) et 220 000 hectares de maïs-grain. Les premières récoltes pilotes de tournesol ont déjà démarré dans plusieurs wilayas.
Pour les producteurs, l’existence d’un tel débouché ouvre la voie à des contrats d’approvisionnement sécurisés, avec possibilité de primes liées à la qualité (teneur en huile, humidité, homogénéité des lots). Les coopératives et exploitations prêtes à investir dans la qualité des semences, l’irrigation efficiente et le stockage pourraient devenir partenaires privilégiés du complexe.
L’arrivée du site de Jijel crée un effet d’entraînement sur plusieurs segments :
- Amont agricole : cultures contractuelles d’oléagineux et organisation de la collecte.
- Intrants et services : semences, fertilisation raisonnée, conseil agronomique et assurance récolte.
- Logistique : silos régionaux, entrepôts relais, transport multimodal et solutions de stockage vrac.
- Coproduits : développement de filières aval pour les huiles brutes (raffinage, biocarburants, oléochimie).
Au-delà de l’industrie, le projet de Jijel incarne la volonté nationale de renforcer la souveraineté alimentaire. Avec ses capacités inédites et son ancrage logistique, il positionne l’Algérie comme un futur acteur de référence, capable à terme de réduire fortement sa facture d’importation et même d’exporter vers ses voisins.
