Derrière chaque assiette de couscous, chaque paquet de pâtes et chaque sachet de semoule consommés en Algérie se cache une filière industrielle qui transforme le grain en produits du quotidien. Les Moulins de la Chorfa appartiennent à cette catégorie d'acteurs qui alimentent au sens propre la table algérienne.

Le groupe couvre un éventail de produits céréaliers transformés, de la farine à la semoule, des pâtes longues aux pâtes courtes, jusqu’au couscous et à une gamme de pâtes sans gluten qui répond aux attentes nouvelles des consommateurs.

Directeur des achats du groupe, M. Ben Khadda occupe une fonction stratégique au sein de cette organisation. C’est lui qui pilote la recherche de fournisseurs, l’évaluation des solutions techniques et l’acquisition des équipements destinés à faire évoluer l’outil de production. Une responsabilité qui explique sa présence régulière dans les allées du salon algérien de la production agroalimentaire, où il revient chaque année pour entretenir et développer son réseau de partenaires.

Un groupe meunier au service du quotidien alimentaire algérien

La meunerie occupe une place centrale dans l’économie alimentaire du pays. Les produits issus du blé constituent le socle de la ration quotidienne, comme le rappelle le dossier consacré au modèle alimentaire algérien. Cette dépendance structurelle aux céréales, dont une part importante reste encadrée par l’Office algérien interprofessionnel des céréales, confère aux transformateurs privés un rôle de premier plan dans la disponibilité et la régularité d’un produit jugé essentiel à la sécurité alimentaire nationale.

Dans ce paysage, Les Moulins de la Chorfa misent sur la qualité comme principal facteur de différenciation. M. Ben Khadda résume sa position en quelques mots : « Nous produisons quelque chose de qualité, très connu sur le marché national. » Cette notoriété, le groupe l’a construite sur le marché intérieur, où ses produits sont largement référencés.

L’activité a connu une phase d’ouverture vers l’international, mais l’entreprise concentre aujourd’hui ses volumes sur le territoire algérien. « On avait déjà exporté, mais comme on se soumet à la loi algérienne, pour le moment, on n’exporte plus », précise le directeur des achats. Un positionnement qui place toute l’attention du groupe sur la satisfaction de la demande nationale et sur la performance de son appareil industriel.

Chariot de pains artisanaux à la sortie du four dans une boulangerie professionnelle.

Djazagro, un rendez-vous annuel pour sourcer fournisseurs et solutions 

La relation entre Les Moulins de la Chorfa et le salon s’inscrit dans la durée. « Je suis un habitué de ce salon, je viens tous les ans pour rencontrer des fournisseurs et éventuellement de nouveaux fournisseurs, puisque nous avons toujours des projets », explique M. Ben Khadda. Cette régularité traduit une approche méthodique du sourcing, où la veille permanente sur l’offre disponible vient nourrir une logique de projets industriels successifs.

Le périmètre de recherche du groupe est large et recoupe plusieurs univers du salon. Le directeur des achats vient prospecter aussi bien du côté du process agroalimentaire que de l’emballage et conditionnement, sans oublier les matières premières, ingrédients et additifs. « Nous cherchons des gens spécialisés dans la production agroalimentaire, le conditionnement des pâtes, du couscous, des matières premières, des ingrédients, des machines », détaille-t-il. Interrogé sur sa priorité, il place le process et l’équipement en tête, tout en gardant un œil attentif sur l’offre d’ingrédients.

Cette diversité de besoins illustre bien la logique d’un salon généraliste capable de réunir, sur un même lieu, l’ensemble des maillons de la chaîne de valeur agroalimentaire. Pour un acheteur industriel, la possibilité de comparer plusieurs fournisseurs, d’observer des solutions concrètes et d’amorcer des discussions en quelques jours représente un gain de temps considérable. Le concours Djaz’Innov et les conférences de l’Agora des Experts complètent ce parcours en mettant en lumière les innovations et les grandes tendances de la filière.

La modernisation industrielle comme priorité

Lorsqu’il évoque ses principaux défis, M. Ben Khadda place la modernisation de l’outil de production tout en haut de la liste. « Nous sommes très concentrés sur la rénovation, la mise à niveau et l’acquisition des équipements de dernière génération », souligne-t-il. Une orientation qui dit beaucoup des enjeux actuels de la meunerie algérienne, où la compétitivité passe par la performance des lignes, la maîtrise des coûts et la régularité de la qualité.

C’est précisément cette adéquation entre les besoins du groupe et l’offre du salon qui motive sa fidélité. « Ce salon correspond exactement à ce que nous recherchons », confirme-t-il. La possibilité de rencontrer en personne des fournisseurs potentiels, d’échanger sur des projets concrets et de poser les bases de futures collaborations constitue, pour lui, la principale valeur ajoutée de l’événement. « Nous avons rencontré des fournisseurs potentiels, nous allons développer nos relations et voir ce qu’on peut faire », résume le directeur des achats au sortir de cette édition.

Cette démarche s’inscrit dans un mouvement de fond observé à l’échelle de toute la filière. L’industrie agroalimentaire algérienne s’est hissée au rang de deuxième secteur industriel du pays, portée par une volonté affirmée de diversification économique et de souveraineté alimentaire. Dans ce cadre, l’investissement dans des équipements modernes et la montée en compétences technologiques deviennent des leviers décisifs pour les transformateurs nationaux qui souhaitent gagner en productivité et en régularité.

Un message aux professionnels encore hésitants 

À ceux qui n’auraient pas encore franchi le pas d’une visite au salon, M. Ben Khadda adresse un encouragement sans détour. « Je leur demande d’avoir un petit peu de courage et d’essayer au moins une fois », confie-t-il. Selon lui, la rencontre directe avec l’offre disponible suffit souvent à convaincre. « Ils vont certainement se rendre compte qu’il s’agit d’une belle occasion pour développer des relations », poursuit-il, insistant sur la dimension humaine et relationnelle d’un rendez-vous où se nouent des partenariats durables.

Visiteurs professionnels échangeant dans les allées du salon Djazagro.

Cette conviction, le directeur des achats la prolonge naturellement dans sa propre fidélité. Interrogé sur l’édition suivante, sa réponse ne laisse planer aucun doute : « Inchallah, je viendrai l’année prochaine. » Une fidélité qui résume, mieux qu’un long discours, le rôle de plateforme d’affaires que joue le salon pour les industriels algériens engagés dans la modernisation de leur appareil de production.

Le témoignage de M. Ben Khadda rejoint celui de nombreux acheteurs et industriels venus chercher, dans les allées du salon, les solutions qui leur permettront de franchir une nouvelle étape. Djazagro confirme sa fonction de passerelle entre les besoins concrets de l’industrie agroalimentaire d’Afrique du Nord et les fournisseurs de technologies, d’ingrédients et de services venus du monde entier.

Rendez-vous du lundi 12 au jeudi 15 avril 2027 au Palais des Expositions d’Alger - SAFEX pour vivre l’industrie.